Brexit: pour Londres, Bruxelles doit lâcher du lest ou assumer un échec

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Publié le
08.03.2019 à 12h50
par
AFP

Londres a appelé vendredi l’Union européenne à lâcher du lest pour débloquer les discussions sur le Brexit, lui faisant porter par avance la responsabilité d’un éventuel rejet de l’accord de divorce par les députés britanniques lors d’un vote crucial mardi.

Malgré de nouvelles discussions cette semaine à Bruxelles, le Royaume-Uni n’a pas obtenu les concessions de l’UE dont il estime qu’elles pourront faire pencher la balance en faveur de ce texte destiné à organiser un Brexit sans accroc, mais massivement rejeté en janvier par les députés britanniques.

Alors que les tractations doivent se prolonger ce week-end, la Première ministre Theresa est montée au front vendredi pour demander des concessions aux dirigeants européens.

« De même que les députés (britanniques) auront à faire un choix majeur la semaine prochaine, l’UE doit également faire un choix », doit-elle déclarer, selon des extraits communiqués à l’avance d’un discours prévu à la mi-journée à Grimsby (nord-est de l’Angleterre), ville portuaire qui avait voté massivement en faveur du Brexit.

« Il est dans l’intérêt des Européens que le Royaume-Uni sorte avec un accord », doit ajouter la dirigeante conservatrice. « Nous travaillons avec eux mais les décisions que l’Union européenne prendra au cours des prochains jours auront un impact important sur le résultat du vote ».

– ‘Rester les meilleurs amis de l’UE’ –

Le chef de la diplomatie britannique Jeremy Hunt a prévenu de son côté que les générations futures jugeraient que l’UE aurait « tout faux » en cas d’échec des discussions.

« C’est un moment de changement dans les relations entre le Royaume-Uni et l’UE et l’histoire jugera très mal les deux parties si nous nous trompons », a-t-il déclaré vendredi matin sur les ondes de la BBC Radio 4.

« Nous voulons rester les meilleurs amis de l’UE. Cela signifie qu’il faut faire adopter cet accord d’une manière qui n’empoisonne pas nos relations pendant de nombreuses années à venir », a-t-il insisté.

Selon Downing Street, Theresa May dira également que son gouvernement reste « déterminé » à obtenir des « changements légalement contraignants » sur le passage de l’accord de divorce concernant le « filet de sécurité » irlandais.

Ce dispositif de dernier recours a été imaginé pour éviter le retour à une frontière physique entre la République d’Irlande, membre de l’UE, et l’Irlande du Nord, une des quatre nations constitutives du Royaume-Uni.

Reste que les Européens ont exclu à maintes reprises de renégocier cet accord entériné par les 27 et Theresa May en novembre 2018, comme l’a encore rappelé jeudi la ministre française chargée des Affaires européennes Nathalie Loiseau, en visite dans la capitale britannique.

Cet accord est le « meilleur et seul accord possible » et il n’est « pas question de (le) rouvrir ou de renégocier », a-t-elle déclaré. « Arrêtons de faire une fixation sur les conditions de notre séparation, travaillons à (…) la relation future ».

Elle a rappelé que l’UE était disposée à « réfléchir » à des « clarifications » mais qu’elle attendait aussi des « propositions » de la part de Londres.

Si les députés britanniques rejettent mardi l’accord de retrait, Theresa May leur demandera le lendemain s’ils veulent quitter l’UE sans accord. S’ils rejettent un « no deal », elle leur soumettra jeudi une proposition de report « limité » du Brexit, prévu le 29 mars.





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