Democratic Republic of the Congo: République démocratique du Congo – Note d’informations humanitaires pour la Province de Haut-Katanga, HautLomami, Lualaba et Tanganyika (29 mars 2019)

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Ce rapport a été produit par OCHA Kalemie et Lubumbashi en collaboration avec les partenaires humanitaires. Il est publié par OCHA et couvre la période du 20 au 29 mars 2019.

FAITS SAILLANTS

• Plusieurs mouvements de retour enregistrés sur les axes de Kalemie, toujours en proie à l’insécurité

• 39 cas de choléra rapportés en une semaine dans les sites de déplacés de Kankomba et Kaseke, à Kalemie

APERÇU DE LA SITUATION

Plus de 3 000 personnes déplacées internes ont regagné leurs villages respectifs sur l’axe Kalemie – Kyoko, Territoire de Kalemie (Tanganyika), entre février et mars 2019, après plusieurs mois de déplacement. Ces personnes avaient fui suite à la montée de l’insécurité dans la zone ; leurs habitations ont été incendiées au cours du dernier trimestre de 2018. Ce mouvement de retour est consécutif à une accalmie observée, depuis fin janvier 2019 dans certains villages. Les mauvaises conditions de vie dans les milieux d’accueil ainsi que les sensibilisations des autorités sur la reddition des milices et groupes armés ont aussi favorisé ce retour.

Ces mouvements de retour sont rapportés sur l’axe Kalemie – Kyoko, en dépit de l’insécurité persistante qui restreint l’espace humanitaire. Depuis le dernier trimestre de l’année 2018, les région Sud, Ouest et Nord de Kalemie restent inaccessibles, notamment sur les axes Kabulo-Muhala-Nyemba, Mwaka-Kabwela, MuhalaLambo Kilela-Kampulu-Mukundi et Tundwa-Bendera-Lambo Katenga. Aucune activité humanitaire n’est en cours, malgré les besoins importants et urgents identifiés lors d’une mission effectuée en février 2019 par quelques acteurs de protection. Selon les résultats de cette évaluation, environ 80 000 personnes réparties sur ces axes expriment des besoins dans plusieurs secteurs. C’est le cas de l’axe Kalemie – Kabwela où depuis novembre 2018, aucune école ni structure médicale n’est opérationnelle à cause des pillages et vols, des incendies ou encore à cause de l’insécurité.
Actuellement, de nombreux villages se sont vidés de leurs populations, craignant pour leur protection ; dans certains cas, des villages entiers sont incendiés.

Dans le sud du Territoire de Nyunzu (Tanganyika), les violences dues au conflit communautaire entre les Twa et les Bantou continuent également à provoquer des déplacements de personnes, craignant pour leur protection. Le dernier incident date du 18 mars 2019 où environ 1 500 personnes ont fui leurs villages, à Kalamba et Kazama, pour se réfugier dans les localités environnantes et vers la cité de Nyunzu.

REPONSE HUMANITAIRE

Épidémies

Choléra

La Division provinciale de la santé de Tanganyika a rapporté 39 cas de choléra entre le 19 et le 24 mars à Kalemie dans les sites de déplacés de Kankomba TSF, Kankomba Office et Kakese. Selon les autorités sanitaires, depuis le 15 mars, plus de la moitié des cas de choléra enregistrés dans l’ensemble du territoire proviennent des sites de déplacés. 70 % des patients arrivent au centre de prise en charge dans un état critique de la maladie (plan C : phase de déshydratation sévère). D’après les spécialistes, le manque d’hygiène et la consommation de l’eau non potable seraient à la base de cette épidémie. Le Territoire de Kalemie compte 12 sites de déplacés abritant près de 72 620 personnes. Cependant, moins de 35% seulement sont couverts par des activités humanitaires en cours dans le secteur de l’eau, hygiène et assainissement.

Dans les sites de Kaseke, Kankomba office et Kankomba TSF ainsi que Kalonda, près de 25 000 personnes déplacées n’auront plus accès à l’eau potable, d’ici le 30 mars 2019. Le projet que mène la Croix rouge du Congo dans le transport de l’eau, sur un financement du Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), arrive à son terme. Après cette date, seule l’ONG Oxfam poursuivra la fourniture de l’eau dans le site de Kalunga au profit de quelque 19 500 déplacés pour quelques semaines Aucun autre acteur n’est en vue pour la poursuite des activités d’approvisionnement direct en eau potable dans tous ces sites. En entendant des financements, certains acteurs du secteur eau, hygiène et assainissement multiplient les sensibilisations à l’endroit des déplacés pour les encourager à s’approvisionner en eau dans les villages environnants les sites, même si cette solution palliative crée déjà une forte demande dans la communauté locale.

Pour les spécialistes du secteur, l’idéal serait de faire des forages ou puits profonds dans chacun des sites qui serviraient tant aux déplacés qu’à la communauté locale. Cette alternative offrirait des solutions durables moins couteuses et suppléerait l’approvisionnement direct à travers les camions citernes.

Multisectoriel

• Plus de 17 000 personnes sont toujours sans assistance humanitaire dans le Territoire de Kapanga (Lualaba). Il s’agit de plus de 8 000 expulsés d’Angola arrivés en octobre 2018, et de 9 000 autres personnes déplacées en provenance du Territoire voisin de Luputa (Province de Lomami) arrivées entre février et août 2018, à la suite des épisodes de violence liés à un conflit communautaire. Depuis leur arrivée à Kapanga, ces personnes vivent dans des conditions assez difficiles, et n’ont reçu aucune assistance humanitaire, par manque de capacités des acteurs humanitaires.
Sur place à Kapanga, grâce au financement du Fonds humanitaire de la RDC, plusieurs projets humanitaires multisectoriels sont mis en œuvre dans la zone depuis janvier 2019. Ces projets ciblent plus de 19 500 déplacés, notamment dans les secteurs de la protection de l’enfant, la nutrition, la sécurité alimentaire, l’éducation et de l’eau, hygiène et assainissement. Les bénéficiaires de ces projets sont des personnes déplacés internes qui avaient fui la région du Kasaï entre 2016 et 2017, à la suite des violences causées par les miliciens de Kamuina Nsapu.
Néanmoins, des gaps importants ont été rapportés dans plusieurs secteurs pour des réponses appropriées aux besoins des expulsés et autres déplacés.

• En outre, depuis le 28 février 2019, l’ONG internationale Concern exécute un projet d’assistance en transfert monétaire à usage multiple -éducation et santé- en cash en faveur d’environ 8 000 personnes retournées identifiées sur l’axe Kasinge-Kamubangwa, dans le Territoire de Kabalo (Tanganyika). Chaque personne bénéficie d’un montant mensuel de USD 20. Selon l’organisation, faute de capacité suffisante, cette assistance ne couvre que 20% de plus de 46 000 personnes dans le besoin, identifiées sur cet axe.

Sur le même axe, l’ONG Catholic relief services (CRS) a clôturé le 14 mars dernier la première phase d’une assistance alimentaire d’urgence en faveur d’au moins 46 800 personnes vulnérables. CRS a aussi démarré la deuxième phase d’assistance alimentaire qui s’achève le 30 mars pour la même cible. Entre novembre et décembre 2018, une équipe du mécanisme de Réponses Rapides aux Mouvements de Populations (RRMP) avait appuyé ces mêmes bénéficiaires en santé, éducation, articles ménagers essentiels et en eau hygiène et assainissement. Ces familles sont des déplacés qui avaient fui les violences dues au conflit communautaire, entre 2016 et 2017, après les incendies des villages Kasinge et Kamubangwa. Les mauvaises conditions des vies au lieu du déplacement et l’accalmie dans leur villages de provenance ont, entre autres, favorisé leur retour entre fin 2017 et janvier 2018.



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