Face aux « risques », la Chine opte pour la relance

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Publié le
05.03.2019 à 03h50
par
AFP

Visée par les sanctions commerciales des Etats-Unis, la Chine a pris acte mardi du ralentissement attendu de son économie, annonçant une série de mesures de relance, dont une baisse des charges des entreprises et de la TVA.

Prenant la parole lors de la session annuelle du parlement, le Premier ministre Li Keqiang a annoncé un objectif de croissance économique compris entre 6% et 6,5% en 2019 pour la deuxième économie mondiale, en très léger repli par rapport au score réalisé en 2018 (6,6%), selon le texte de son discours fleuve remis à l’avance.

« La conjoncture tant nationale qu’internationale a fait basculer notre développement dans un environnement d’une grande dureté et complexité, marqué par une aggravation des risques et des défis », a reconnu le chef du gouvernement chinois. « Nous devons nous armer pour livrer une bataille des plus âpres ».

La croissance du géant asiatique est tombée l’an dernier à son plus bas niveau depuis 28 ans. Le gouvernement avait annoncé il y a un an un objectif de croissance « d’environ 6,5% » pour 2018.

Le budget présenté mardi dans la foulée prévoit une baisse de 2.000 milliards de yuans (environ 260 milliards d’euros) des impôts et des charges sociales sur les entreprises, une mesure de soutien à l’activité dans un contexte de ralentissement provoqué par la lutte contre l’endettement et par la baisse de la demande mondiale, compliquée par la guerre commerciale lancée par les Etats-Unis contre les produits chinois.

– « Maîtriser les risques » –

Les prêts aux très petites entreprises par les banques du secteur public seront accrus de plus de 30%. La TVA va baisser de trois points, de 16% à 13% pour les produits industriels et de 10% à 9% pour des secteurs tels que les transports et le bâtiment.

Au total, le budget de l’Etat pour 2019 se traduit par une légère hausse de 0,2 point du déficit budgétaire, à 2,8% du PIB.

L’augmentation du déficit « répond au besoin de ménager une marge de manoeuvre politique suffisante pour maîtriser les risques susceptibles de surgir dans les temps à venir », a expliqué le Premier ministre.

Le budget militaire augmente de 7,5%, une hausse toutefois inférieure à celle de l’an dernier (+8,1%).

Les collectivités locales vont bénéficier d’une hausse des obligations spéciales qu’elles sont autorisées à émettre pour un total de 2.150 milliards de yuans (282 milliards d’euros), soit une augmentation de plus de 100 milliards d’euros.

Si la guerre commerciale avec les Etats-Unis n’a guère entamé le dynamisme des exportations du géant asiatique, la perspective d’un affrontement durable avec l’Amérique de Donald Trump pèse sur la confiance des entreprises chinoises et sur les décisions d’investissement.

– Investissements étrangers –

L’activité est aussi freinée par la lutte du pouvoir contre l’endettement et les risques financiers.

Les autorités ont ainsi assuré qu’il n’était pas question d’opter pour un grand plan de relance comme dans les années qui ont suivi la crise financière des années 2008-9.

Mais les économistes s’attendent à ce que le régime communiste soutienne davantage l’économie en continuant à desserrer la politique monétaire.

« La banque centrale maintiendra des taux d’intérêt bas en réduisant le ratio de réserves obligatoires des banques », pronostiquent les économistes du cabinet ANZ Research.

La session parlementaire, qui dure 10 jours, doit voir l’adoption d’une nouvelle loi sur l’investissement étranger, en réponse directe aux pressions de l’administration Trump.

Celle-ci exige de la Chine non seulement un rééquilibrage de la balance commerciale bilatérale, mais aussi des réformes structurelles, telles que la fin des transferts de technologie imposés aux entreprises étrangères.

La nouvelle loi interdit d’imposer de tels transferts, mais la Chambre de commerce européenne en Chine estime qu’elle ne les interdira pas aux entreprises privées.





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