L’ex-président brésilien Michel Temer arrêté dans une enquête anticorruption

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Publié le
21.03.2019 à 17h50
par
AFP

L’ancien président brésilien Michel Temer a été arrêté jeudi à Sao Paulo, tombant lui aussi dans les filets de la tentaculaire enquête anticorruption Lava Jato (Lavage express), moins de trois mois après avoir quitté le pouvoir.

« Il a été arrêté à Sao Paulo », dans le sud-est du Brésil, a indiqué un porte-parole du parquet de Rio de Janeiro à l’AFP, confirmant des informations des médias brésiliens, qui ont fait l’effet d’une bombe dans le pays.

Michel Temer est le deuxième président du Brésil pris dans les rets de l’enquête Lavage express, après l’ancien président de gauche Luiz Inacio Lula da Silva. Condamné à deux peines de plus de 12 ans de prison chacune pour corruption et blanchiment d’argent, Lula est derrière les barreaux depuis près d’un an.

Michel Temer, 78 ans, qui a quitté le pouvoir à la fin 2018 après près de deux ans et demi de mandat, fait l’objet au total d’une dizaine d’enquêtes pour corruption.

Il devrait être rapidement transféré vers Rio de Janeiro pour une période de prison préventive, a indiqué la télévision Globonews. On ignorait dans l’immédiat dans le cadre de quelle enquête il avait été arrêté.

Michel Temer a été arrêté sur l’ordre d’un juge fédéral, de même que l’ancien ministre des Mines et de l’Energie, Moreira Franco et de six autres personnes, dont des hommes d’affaires, a précisé le site G1.

M. Temer était arrivé au pouvoir en août 2016 un peu par accident, après la destitution brutale de la présidente de gauche Dilma Rousseff — pour maquillage des comptes publics — dont il était le vice-président de centre droit.

– Avalanche de scandales –

Il a été notamment accusé d’avoir reçu des pots-de-vin sur la base d’un enregistrement clandestin, d’irrégularités financières dans la campagne menée en 2014 aux côtés de Mme Rousseff et de malversations dans des concessions portuaires à Santos, le plus grand port du Brésil.

Vieux renard de la politique et cacique du PMDB devenu MDB, M. Temer a pu paraître inoxydable tant qu’il était au pouvoir, réussissant à deux reprises à écarter la menace d’une destitution.

Il s’était accroché au pouvoir en consacrant toute son énergie à des tractations avec ses alliés politiques pour sauver son mandat, assurant qu’il ne démissionnerait pas.

Michel Temer avait été tenté brièvement par une candidature à sa propre succession à la présidentielle d’octobre dernier, mais avait renoncé face à son niveau d’impopularité, tombé à 7%, un record historique de désaffection.

Il avait cédé les clés du palais du Planalto le 1er janvier dernier à Jair Bolsonaro, après un court mandat paralysé par l’inaction, plombé par la récession économique, mais surtout entaché par une avalanche de scandales de corruption.

Jair Bolsonaro, qui a été élu notamment grâce à son image de « Monsieur propre », a fait de la lutte anticorruption l’un des grands axes de sa politique, dans un pays plombé par les affaires depuis des décennies.

La tentaculaire enquête Lavage express, lancée il y a exactement cinq ans, a mis au jour le plus grand scandale de corruption de l’histoire du Brésil, autour de contrats du groupe public pétrolier Petrobras et avec des grands groupes du BTP.

Elle a conduit derrière les barreaux de très nombreux responsables politiques de tous bords et des chefs d’entreprises de premier plan.

Au total, des peines de 2.242 années de prison ont été prononcées avec 155 condamnations dans le cadre de Lavage express, qui a étendu ses ramifications dans toute l’Amérique latine.





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